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Par ville

Le concept de banque infinie à Gatineau

Gatineau est le cas le plus particulier du pays pour cette stratégie: beaucoup de résidents travaillent en Ontario, souvent pour le gouvernement fédéral, mais l'assurance suit la résidence et non le bureau. Ce sont donc les règles québécoises qui s'appliquent à vous.

La règle qui surprend le plus: l'assurance suit la résidence

Un grand nombre de résidents de Gatineau traversent la rivière chaque jour pour travailler à Ottawa, souvent dans la fonction publique fédérale. Cela crée une confusion prévisible: l'employeur est fédéral, le bureau est en Ontario, et beaucoup en concluent que les règles ontariennes s'appliquent. Ce n'est pas le cas.

L'assurance est réglementée par province et suit le lieu de résidence. Si vous habitez Gatineau, vous relevez de l'Autorité des marchés financiers, la personne qui vous sert doit être conseiller en sécurité financière, et c'est le Code civil du Québec qui régit votre contrat. Un conseiller autorisé uniquement en Ontario ne peut pas vous servir, même si son bureau est à quinze minutes de votre maison. C'est le premier point à vérifier, et il élimine parfois la personne qu'un collègue vous a recommandée.

La page consacrée à Ottawa traite l'autre versant de la même réalité, du point de vue d'un résident ontarien.

Les deux règles québécoises qui touchent directement l'accès

La désignation d'un bénéficiaire qui est le conjoint marié ou uni civilement est présumée irrévocable au Québec, sauf déclaration contraire. En Ontario elle est révocable par défaut. Une désignation irrévocable ne peut être modifiée sans le consentement du bénéficiaire et peut restreindre la possibilité de demander une avance ou d'affecter la police en garantie. Pour un lecteur attiré par cette stratégie précisément à cause de l'accès, c'est le point à vérifier avant la signature.

L'insaisissabilité est le second. Elle dépend de la qualité du bénéficiaire, du moment de la désignation et des circonstances. Elle n'est jamais absolue, elle ne protège pas une désignation faite alors qu'on est déjà insolvable, et elle disparaît si la police est affectée en garantie d'un prêt.

Le régime de retraite fédéral change la réponse

Si vous travaillez pour la fonction publique fédérale, les Forces armées ou la GRC, vous avez probablement un régime à prestations déterminées. Cela affaiblit la moitié de l'argument, et il faut dire laquelle: un tel régime fournit déjà un revenu viager indexé qui ne dépend pas des marchés, de sorte que l'argument du revenu de retraite est nettement plus faible que dans la documentation américaine, laquelle suppose que vous n'avez rien de tel.

Ce qui reste, c'est l'accès au capital pendant la vie active, parce qu'une rente n'est pas une garantie, et la question du survivant, qui exige de lire vos propres relevés. Les dispositions varient selon le régime et selon les choix faits à la retraite. Si votre régime laisse un écart, l'assurance vie est l'outil ordinaire pour le combler, et cela suffira peut-être.

Ce que la ville elle-même change

Le logement à Gatineau demeure plus abordable que du côté ontarien de la rivière, ce qui produit une situation favorable et rare: un revenu de la région de la capitale avec un coût de logement québécois. Un ménage d'ici atteint donc plus tôt la marge de manœuvre stable dont cette stratégie a besoin, puisqu'elle exige avant tout des primes maintenues sans interruption pendant des décennies.

La contrepartie est que la question de l'utilité devient plus exigeante. Quand la retraite est couverte par un régime et que le logement ne pèse pas, vous devriez pouvoir nommer à quoi servirait le capital. Si vous ne le pouvez pas, la réponse honnête est non.

Quand cela ne convient pas

Un lecteur doté d'une rente indexée solide, sans personnes à charge, sans société et sans besoin de capital identifiable est un mauvais candidat. Il en va de même de quiconque porte des dettes de consommation à taux élevé ou n'a pas de fonds d'urgence.

Rien sur cette page n'est un conseil. Aucune évaluation n'a été faite de qui que ce soit qui la lit, et l'auteur n'est pas une partie neutre: il est autorisé à vendre les contrats qu'utilise cette stratégie et touche une commission lorsqu'un contrat est placé. Demandez l'illustration en français, c'est votre droit sous la Charte de la langue française, lisez d'abord la colonne des valeurs garanties, vérifiez le permis au registre de l'AMF, et portez les réponses à un comptable et à un notaire de votre choix.

Un mot enfin sur une conséquence pratique du fait de vivre d'un côté et de travailler de l'autre. Votre impôt sur le revenu est celui du Québec, votre régime de retraite est fédéral, et si vous détenez une société ou envisagez une transmission, les deux cadres se croisent. Le traitement fiscal d'une police d'assurance vie est fédéral et donc identique partout: le critère de police exonérée, l'article 148, le compte de dividendes en capital. Mais le droit qui régit le contrat, la désignation et la succession est québécois. C'est cette combinaison qui explique pourquoi un comptable et un notaire d'ici valent mieux qu'un conseiller ontarien, quelque compétent qu'il soit.

Un dernier point sur la vérification, parce qu'il est ici plus important qu'ailleurs. Un conseiller autorisé uniquement en Ontario qui vous servirait quand même vous priverait de tout recours auprès de l'AMF, et c'est vous qui en subiriez les conséquences, pas lui. Demandez le numéro de certificat, vérifiez-le dans le registre de l'Autorité des marchés financiers, et confirmez que la personne est bien autorisée pour le Québec et non seulement pour l'Ontario. Cela prend deux minutes, cela ne coûte rien, et dans une région où les deux marchés se chevauchent c'est la vérification qui compte le plus.