Pour les professionnels incorporés et les propriétaires d'entreprise au Canada, le compte de dividendes en capital (CDC) est l'une des caractéristiques les moins comprises et les plus stratégiquement importantes de la Loi de l'impôt sur le revenu. Lorsqu'une société reçoit le capital-décès d'une police d'assurance vie qu'elle possède, la partie de cette prestation dépassant le coût de base rajusté de la police crée un crédit au CDC. Ce crédit peut ensuite être distribué aux actionnaires sous forme de dividende en capital: un dividende reçu entièrement en franchise d'impôt par l'actionnaire. Un mot sur l'actionnaire dont il s'agit, car c'est ici que les rôles prêtent le plus à confusion. L'actionnaire visé, c'est vous, de votre propre société. Il ne s'agit pas d'une participation dans l'assureur, qu'aucun titulaire de police n'acquiert. Des quatre rôles, c'est le seul qu'un professionnel incorporé détient déjà pleinement, et le CDC est ce qui permet à cette détention de faire ce que le même argent ne pourrait pas faire dans un compte personnel.
Une police avec participation détenue par une société remplit donc deux fonctions: elle donne accès au capital du vivant de l'assuré par les avances prévues au contrat, et elle fait naître un crédit au CDC au décès. Le montant crédité peut être versé aux actionnaires à titre de dividende en capital plutôt que de dividende ordinaire imposable. C'est ce montant crédité qui circule ainsi, non le patrimoine accumulé de la société en général.
Comprendre le compte de dividendes en capital à partir des principes
Le CDC est un compte notionnel qu'une société privée canadienne tient en vertu du paragraphe 89(1) de la LIR. Ce n'est pas un compte auprès d’une institution financière, c'est un registre cumulatif de certains montants en franchise d'impôt que la société a reçus et qu'elle est autorisée à distribuer aux actionnaires sans impôt sur les dividendes. La logique du CDC reflète le principe d'intégration dans la fiscalité canadienne: certains gains économiques qui ne sont pas imposés au niveau de la société doivent être distribuables aux actionnaires sans impôt supplémentaire, parce que le système fiscal a déjà tenu compte de leur nature. Les capital-décès d'assurance vie s'inscrivent dans cette logique: la compagnie d'assurance n'a pas déduit les primes versées au fil des années, et le crédit qui naît au compte de dividendes en capital se calcule en vertu du paragraphe 89(1), par renvoi au capital-décès et au coût de base rajusté de la police, avec les autres rajustements que cette disposition exige. C'est le montant ainsi crédité qui peut être versé comme dividende en capital.
Comment une police CBI corporative crée des crédits au CDC
Le mécanisme mérite d'être énoncé avec précision, car c'est le mécanisme et non un chiffre particulier qui compte. Lorsqu'une société privée canadienne détient une police d'assurance vie sur un actionnaire ou un employé et en reçoit le capital-décès, un crédit naît à son compte de dividendes en capital. Ce crédit n'est pas une simple soustraction: il résulte d'un calcul prévu au paragraphe 89(1) de la Loi de l'impôt sur le revenu, qui réduit le montant crédité du coût de base rajusté de la police immédiatement avant le décès, ainsi que des autres rajustements que cette disposition exige. L'expression « montant après impôt » est parfois employée ici et vaut mieux être évitée: elle laisse croire qu'un impôt a été prélevé sur la prestation, ce qui n'est pas le cas. La société peut ensuite choisir de verser ce montant crédité aux actionnaires à titre de dividende en capital, reçu en franchise d'impôt entre leurs mains, plutôt qu'à titre de dividende ordinaire imposable.
L'ampleur du crédit au CDC dépend entièrement du coût de base rajusté de la police à la date du décès, lequel décline sur la durée du contrat selon un calendrier fixé par le règlement de la Loi de l'impôt sur le revenu et diffère d'une police à l'autre. Une société détenant deux polices de même montant nominal peut obtenir deux crédits au CDC fort différents. Seul le comptable de la société, travaillant à partir de la police réelle et du CBR réel, peut calculer ce montant.
La différence entre la voie du dividende en capital et celle du dividende ordinaire correspond à l'impôt personnel qui s'appliquerait autrement. Ce taux dépend de la province et du revenu propre de l'actionnaire; aucun chiffre unique ne le décrit et aucun n'est donné ici.
La double fonction: avantage du vivant et avantage au décès
L'élégance stratégique d'une police CBI corporative est que l'avantage du CDC au décès n'est pas la seule raison de la posséder. Du vivant de l'assuré, la valeur de rachat s'accumule dans le bilan de la société sur une base d'imposition différée. La société peut accéder à cette valeur de rachat par des avances sur police pour les besoins commerciaux, investissements, dépenses en capital, besoins en fonds de roulement. L'avantage du vivant (la fonction de flux de capital) et l'avantage au décès (le crédit au CDC) sont des dimensions complémentaires de la même police, utiles à des phases différentes de la vie de l'entreprise. La société bénéficie de la fonction de flux de capital pendant les années actives, et ses actionnaires bénéficient du crédit au CDC au décès.
La gestion prudente du CDC: une exigence technique
Le CDC est l'un des domaines les plus techniquement complexes de la planification fiscale canadienne. Les élections excessives au CDC (distribuer plus que le solde du CDC disponible) entraînent une pénalité fiscale sur l'excédent en vertu de la Partie III de la Loi de l'impôt sur le revenu, dont le taux est fixé par la loi et doit être vérifié dans la version en vigueur. Une mise en œuvre correcte nécessite un comptable qui travaille régulièrement avec des sociétés privées et la planification de l'assurance vie corporative, et un conseiller en assurance de personnes autorisé dans votre province qui peut fournir des projections précises du CBR à des fins de planification successorale.
L'implication pour la planification successorale des familles propriétaires d'entreprise
Pour les familles propriétaires d'une entreprise privée, le mécanisme du CDC permet souvent de verser le montant crédité à la génération suivante à titre de dividende en capital plutôt que de dividende ordinaire imposable. Combiner la stratégie CBI corporative avec une planification successorale rigoureuse, incluant des conventions entre actionnaires, la désignation optimale des bénéficiaires, et la coordination avec le plan successoral global, peut permettre de réaliser des économies fiscales substantielles tout en maintenant la continuité de l'entreprise. Le niveau de coordination professionnelle requis entre le conseiller en assurance, le comptable et le conseiller juridique est significatif, mais l'économie fiscale potentielle justifie largement cet investissement en planification.
La coordination professionnelle requise pour exploiter cet avantage
Le CDC est l'un des domaines les plus techniquement complexes de la planification fiscale des sociétés privées canadiennes. Les élections excessives au CDC (distribuer aux actionnaires plus que le solde du CDC disponible) entraînent une pénalité fiscale sur l'excédent en vertu de la Partie III de la Loi de l'impôt sur le revenu, dont le taux est fixé par la loi et doit être vérifié dans la version en vigueur. Cette pénalité est payée par la société, pas par l'actionnaire, et elle est non déductible. Elle représente l'une des erreurs les plus coûteuses et les plus évitables dans la planification des sociétés privées. Une mise en œuvre correcte du mécanisme du CDC exige un comptable d'entreprise qui calcule précisément le solde du CDC disponible à partir des registres fiscaux de la société, coordonné le moment et le montant des élections au CDC avec les distributions planifiées, et documenté les calculs de façon à résister à un examen de l'ARC. Un conseiller en assurance de personnes autorisé dans votre province expérimenté dans les polices d'assurance vie détenues par des sociétés peut fournir les projections du CBR dont le comptable a besoin pour calculer les crédits au CDC anticipés. Enfin, un conseiller juridique gérant les conventions entre actionnaires et le plan successoral peut s'assurer que les bénéficiaires désignés et les structures de propriété sont alignés pour maximiser l'avantage du CDC dans le cadre du plan successoral global de la famille. Ces trois professionnels doivent travailler ensemble proactivement (pas réactivement après un décès) pour que cet avantage soit pleinement réalisé.
Les règles du CDC sont complexes et soumises à des règles strictes en vertu de la LIR. Les élections excessives au CDC entraînent une pénalité sur l'excédent en vertu de la Partie III. Ce contenu est éducatif uniquement. Consultez un comptable d'entreprise qualifié et un conseiller en assurance de personnes autorisé dans votre province expérimenté dans l'assurance vie détenue par des sociétés.
Le livre
Lisez l'argument complet en un seul endroit.
Quatre parties, douze chapitres, cinquante-deux avantages, écrit pour les Canadiens, selon les règles canadiennes, avec les limites énoncées à côté des avantages.
Publication prochaine en français et en anglais · Contenu éducatif seulement · Participations non garanties · Ne convient pas à tout le monde