infinitebankingcanada.com n’est pas une banque. Ce site n’exerce pas d’activités bancaires et ne fournit auce de dépôt, pas assuré par la SADC. La protection des titulaires est assurée, dans certaines limites, par Assuris. Rien ici n’est un conseil. Avis juridique

Par ville

Le concept de banque infinie à Saguenay

Saguenay se trouve au bord d'un fjord creusé par les glaciers, dans une région qui a bâti une économie industrielle là où personne ne l'attendait. Le coût de la vie y joue nettement en faveur de cette stratégie, mais la nature cyclique du travail joue contre.

Une ville sur un fjord

Saguenay est née de la fusion de Chicoutimi, Jonquière et La Baie, le long de la rivière Saguenay, qui coule dans un fjord creusé par les glaciers: l'un des rares fjords navigables d'Amérique du Nord, et le parc national du Fjord-du-Saguenay en protège les parois. La Petite Maison blanche de Chicoutimi, restée debout après le déluge de 1996, est devenue le symbole de la région. Le lac Saint-Jean est à l'ouest, et la région tout entière porte le nom des deux.

La région a construit une économie industrielle sérieuse loin des grands centres: l'aluminium, la forêt, l'énergie hydroélectrique et, plus récemment, l'Université du Québec à Chicoutimi et le réseau de la santé. Cela produit un tableau financier particulier, et il faut le prendre par les deux bouts.

Le coût de la vie est un avantage réel, et il mérite d'être dit

Le logement à Saguenay figure parmi les plus abordables des villes québécoises, et sans commune mesure avec Montréal, Toronto ou Vancouver. Ce n'est pas un détail. Toute la structure de cette stratégie repose sur des primes maintenues sans interruption pendant des décennies, et un ménage dont l'hypothèque ne consomme pas tout atteint bien plus tôt la marge stable dont l'arithmétique a besoin. Un revenu industriel correct avec un coût de logement modéré est l'une des meilleures conditions de départ au pays.

Et le revenu cyclique est le danger, avec un mécanisme précis

Une économie d'aluminium et de forêt dépend de prix mondiaux que personne sur place ne contrôle. Les bonnes années sont bonnes; les arrêts, les mises à pied et les périodes de révision arrivent selon un calendrier qui n'est pas le vôtre.

Cela mérite des détails plutôt qu'un avertissement. Des primes calibrées sur une bonne année rencontreront une mauvaise. La valeur de rachat demeure inférieure aux primes cumulées pendant de nombreuses années, souvent plus d'une décennie: sortir tôt est une perte. Si le contrat prélève une avance automatique de prime sur la valeur de rachat pour rester en vigueur, il s'agit d'une véritable avance avec de véritables intérêts dus à l'assureur, non d'une courtoisie. Elle augmente discrètement, les intérêts capitalisés se composent à l'anniversaire, et deux ou trois années difficiles d'affilée peuvent laisser une police chargée d'un solde que personne n'a consciemment demandé.

La réponse pratique: calibrez la prime de base sur votre pire année plausible et versez la capacité des bonnes années en assurance supplémentaire libérée, car dans la plupart des contrats la prime de base est l'obligation contraignante et les versements supplémentaires sont la partie souple. Demandez précisément comment le contrat traite un versement supplémentaire omis par rapport à une prime de base omise: les réponses diffèrent généralement.

Le régime de retraite, et l'héritage industriel

Beaucoup d'emplois industriels et publics de la région s'accompagnent d'un régime de retraite. Si vous détenez un régime à prestations déterminées, la moitié de l'argument habituel ne s'applique pas à vous: il fournit déjà un revenu qui ne s'épuise pas et ne dépend pas des marchés. Ce qui reste, c'est l'accès au capital pendant la vie active, parce qu'une rente n'est pas une garantie.

Une complication propre à une région industrielle: certains lecteurs détiennent un régime provenant d'un employeur qui n'existe plus sous sa forme d'origine, ou dont le régime a été restructuré lors d'une fermeture ou d'une vente. Cela ne se lit dans aucune brochure: il faut vos propres relevés et, au besoin, une vérification auprès de l'administrateur.

Les deux règles québécoises qui touchent l'accès

La désignation d'un bénéficiaire qui est le conjoint marié ou uni civilement est présumée irrévocable au Québec, sauf déclaration contraire. Ailleurs au Canada, elle est révocable par défaut. Une désignation irrévocable ne peut être modifiée sans le consentement du bénéficiaire et peut restreindre la possibilité de demander une avance ou d'affecter la police en garantie. Pour un lecteur attiré par cette stratégie précisément à cause de l'accès, c'est le premier point à vérifier.

L'insaisissabilité est le second. Elle dépend de la qualité du bénéficiaire, du moment de la désignation et des circonstances. Elle n'est jamais absolue et elle disparaît si la police est affectée en garantie d'un prêt.

Quand cela ne convient pas

Un ménage dans une période d'arrêt, sans fonds d'urgence, ou portant des dettes de consommation à taux élevé devrait régler cela d'abord. Il en va de même d'un lecteur doté d'une rente indexée solide, sans personnes à charge, sans société et sans besoin de capital identifiable.

Rien sur cette page n'est un conseil. Aucune évaluation n'a été faite de qui que ce soit qui la lit, et l'auteur n'est pas une partie neutre: il est autorisé à vendre les contrats qu'utilise cette stratégie et touche une commission lorsqu'un contrat est placé. Demandez l'illustration en français, c'est votre droit sous la Charte de la langue française, lisez d'abord la colonne des valeurs garanties, vérifiez le permis au registre de l'AMF, et portez les réponses à un comptable et à un notaire de votre choix.

Un dernier mot sur la distance. Une région éloignée des grands centres compte moins de praticiens, et il est tentant d'accepter le premier qui se présente. Résistez-y. Un conseiller peut vous servir par visioconférence depuis Québec ou Montréal pourvu qu'il soit autorisé par l'AMF, ce qui est le cas partout au Québec. Le choix est donc plus large qu'il n'y paraît, et vous n'êtes pas obligé de vous contenter de la proximité.

Un mot enfin sur ce que le fjord rappelle. Il n'a pas été creusé par une tempête: il a été creusé par de la glace qui a avancé lentement, sans arrêt, pendant un temps que personne ne peut se représenter. C'est la forme exacte que prend cette stratégie quand elle fonctionne, et c'est aussi pourquoi elle échoue si souvent. Personne ne manque de conviction la première année. On en manque la septième, quand rien de spectaculaire ne s'est encore produit et qu'une autre occasion paraît plus vive. Si vous savez déjà que vous serez tenté à ce moment-là, dites-le dès le départ et commencez plus petit. Une prime modeste tenue vingt ans vaut infiniment mieux qu'une prime ambitieuse abandonnée à la huitième année, et c'est vrai partout, mais cela l'est davantage dans une région où le revenu connaît des creux prévisibles.

Un mot enfin sur l'ordre des questions, parce qu'il est souvent inversé dans une présentation. La première n'est pas quel produit souscrire, mais ce qui arriverait à votre ménage si le revenu principal s'arrêtait pendant dix-huit mois. Dans une région où les arrêts et les mises à pied font partie du métier, ce n'est pas une hypothèse théorique: c'est un scénario que beaucoup de familles d'ici ont déjà vécu au moins une fois. Faites le calcul avant d'écouter qui que ce soit vous parler d'une police. Si le ménage ne tiendrait pas six mois sans revenu, la réponse honnête n'est pas une prime plus petite: c'est un fonds d'urgence d'abord, et la stratégie ensuite. Elle sera encore là dans trois ans, et vous serez alors en mesure de la soutenir sans que le premier arrêt de production ne vous force à sortir en perte.